retrait des affiches : scandaleux et inacceptable !

Nous étions plus de 500 le mercredi 23 novembre place Lorraine à Angers pour exprimer notre colère !  Le retrait des affiches de la campagne de prévention contre le VIH, retrait décidé par M. Béchu, maire d’Angers, est scandaleux et inacceptable. En 24 heures, Quazar a initié et organisé ce rassemblement, les associations Aides Maine-et-Loire, Contact 49  et Tonic’s se sont jointes à l’appel à manifester, appel qui a été relayé par de nombreuses associations et organisations. Beaucoup de professionnels de la santé – notamment hospitaliers – étaient également présents, ainsi que des élus, des représentants et des militants de partis politiques.

Voici le texte de la prise de parole de Quazar lors de ce rassemblement :

 » C’est grâce à Monsieur Béchu, maire d’Angers, que nous sommes rassemblés ce soir près du lieu où était planté l’arbre de la Laïcité, beau symbole plusieurs fois vandalisé. Et oui, certaines personnes ne supportent pas que l’on pense différemment qu’elles. 

Dès le début de cette campagne de prévention contre le VIH, les réseaux sociaux de la Manif pour tous, des AFC, d’Alliance Vita, etc… mais aussi les réseaux sociaux de l’extrême-droite politique ont réclamé le retrait des affiches. Pour eux, voir deux hommes ensemble sur une affiche est inacceptable : pensez-donc, si nos enfants voyaient ça ! Ils protestaient aussi contre les textes inscrits sur les affiches : en plus, ils font la promotion du dévergondage ! Ou bien ces personnes vivent sur une autre planète où la devise serait piété/chasteté/hétérosexualité, ou bien ils s’engagent dans une croisade pour nous imposer leur vision de la société, une société d’exclusion. Nous défendons fermement cette campagne du Ministère de la Santé, qui doit être visible dans tous les lieux publics. Faudra-t-il songer à organiser demain une campagne de prévention contre cette épidémie de puritanisme aigu ?

Le maire d’Angers a déclaré dans la presse locale que pour – je cite – ce type de sexualité (entendez l’homosexualité),  la campagne devait se faire – je cite à nouveau –  dans des magazines pour adultes. Autrement dit, vous les homos vous n’avez pas droit à l’espace public, on vous parque dans des ghettos. Monsieur le Maire, les personnes homosexuelles et transgenres sont des citoyennes et des citoyens à part entière qui n’ont pas à se cacher. Ils étudient, ils travaillent, ils vont dans les magasins, au cinéma, dans les stades comme tout le monde, et c’est là où ils vivent et où ils vont que la campagne de prévention doit être visible ! Un lycéen qui découvre son homosexualité et qui a une première expérience avec son copain doit être informé là où il vit et là où il étudie, et non pas dans un magazine qu’il ne connaît même pas ! Vous avez, Monsieur le Maire, une vision totalement erronée de ce que sont et de ce que vivent les personnes homosexuelles et transgenres, et comme il est utile de savoir avant d’agir, nous sommes prêts à vous rencontrer pour vous expliquer tout cela.

Cette censure inadmissible s’inscrit dans une dynamique inquiétante qui touche Angers et la région. Il y a quelques mois, 5 adjoints et conseillers municipaux de la ville d’Angers déclaraient tranquillement qu’ils ne célèbreraient pas de mariage de couples homosexuels. En clair, ils annonçaient qu’ils n’appliqueraient pas la loi de la République alors qu’ils sont, dans cette fonction, officier d’état civil. Quelles sanctions avez-vous prises, Monsieur Béchu, à l’encontre de ces élus de votre majorité ? On a plutôt l’impression ce soir qu’ils ont eu une promotion ! Il y a quelques mois, Monsieur Bruno Retailleau, président de la région des Pays de la Loire, annulaient coup sur coup des subventions qui devaient être versées à deux associations LGBT de la région. Avec aujourd’hui la censure de cette campagne de prévention, nous assistons à une attaque en règle des associations LGBT, des droits des personnes LGBT et des moyens mobilisés pour leur santé.

Nous disons : ça suffit ! Le retrait des affiches de cette campagne est une grave décision qui porte atteinte à la santé et au bien-être des personnes homosexuelles et transgenres. Il s’agit bien d’homophobie et de transphobie. »

Communiqué de presse du 24 novembre 2016 :

 » Lors de sa conférence de presse du 23 novembre, Monsieur Béchu, maire d’Angers, exprime sa surprise de ne pas avoir été contacté par les associations qui organisaient  la manifestation le soir même place Lorraine. Quazar, centre LGBT d’Angers, est surpris de ne pas avoir été contacté par M. Béchu avant qu’il ne prenne la décision de retirer les affiches de la campagne de prévention. Nous avons été mis devant le fait accompli. Qu’il ne s’étonne pas de notre réaction. Il affirme aussi que le Ministère de la Santé avait hésité à diffuser les affiches en raison des visuels et des textes. C’est faux : il y avait un débat (qui n’est pas nouveau) sur le fait de savoir si une campagne qui cible les gays est plus efficace quand elle est diffusée dans des lieux spécifiques (bars, presse spécialisée…) ou dans l’espace public. Monsieur Béchu indique également qu’il avait demandé le retrait des affiches aux abords des écoles. Il aurait dû ajouter qu’il avait aussi demandé le retrait sur le parcours des bus scolaires. Il savait très bien qu’il supprimait alors la totalité des affiches. Enfin, cette demande a été faite 48 heures avant la fin de cette campagne : il est clair qu’il y avait une volonté de provocation, il voulait marquer le coup avant que la campagne de prévention ne prenne fin. »

Alain Pagano, conseiller municipal d’opposition (PCF) à Angers, a déposé une question écrite sur ce sujet pour la réunion du Conseil municipal qui aura lieu lundi prochain 28 novembre à 18 heures à l’Hôtel de Ville d’Angers. Il y aura donc normalement un débat… Vous pouvez assister à cette réunion du Conseil municipal ! Il y aura au même moment une manifestation organisée par des mouvements étudiants opposés à la décision du maire.

 

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Auteur de l’article : Quazar