TDoR 2020 : La transphobie se porte toujours bien en France

La Journ茅e mondiale du souvenir transgenre, TDoR (Transgender Day of Remembrance), a lieu le 20 novembre, 脿 l’initiative de militant路e路s transgenres du monde entier pour comm茅morer les victimes de la transphobie de l’ann茅e pass茅e.

Chaque 20 novembre, les personnes transgenres de nos associations, soutenues par leurs alli茅路e路s, prennent le temps de compter leurs mort路e路s : celles et ceux qui ont 茅t茅 vis茅路e路s par la transphobie jusqu鈥櫭 ce que mort s鈥檈n suive. Celles qui ont 茅t茅 assassin茅es, celles qui ont 茅t茅 pouss茅es au suicide. Celles qui ont 茅t茅 viol茅es et tortur茅es, celles qui ont 茅t茅 ex茅cut茅es par arme 脿 feu. Uni路e路s face 脿 la transphobie, nous prenons le temps de les honorer et de les pleurer pour qu鈥檃ucune d鈥檈lles ne soit oubli茅es.

Durant les 12 derniers mois, les associations ont signal茅 la mort par transphobie de 350 personnes transgenres et non binaires dans le monde. Ce chiffre est sans doute bien en-de莽脿 de la r茅alit茅. Cette ann茅e encore, les personnes exil茅es et les travailleur路se路s du sexe constituent la majorit茅 des victimes qui ont 茅t茅 signal茅es (respectivement 50 et 62%). Quasiment toutes les victimes compt茅es 茅taient des femmes ou des personnes transf茅minines.

En France, le meurtre de Jessyca Sarmiento, travailleuse du sexe du Bois de Boulogne morte 茅cras茅e volontairement par un conducteur en d茅but d鈥檃nn茅e. La violence transphobe ne se limite pas aux homicides : injures, menaces, exclusion familiale, rejet, licenciements鈥 C’est tout un continuum de violences qui repousse les personnes transgenres 脿 la marge du syst猫me social.

La transphobie n’est pas le fait de quelques individus isol茅s. Elle repose sur des discriminations syst茅miques. Ces discriminations sont directement aliment茅es par la l茅gislation fran莽aise qui continue de judiciariser le changement de la mention de sexe 脿 l’茅tat civil dans des tribunaux marqu茅s par des positions psychiatrisantes.

R茅cemment, la transphobie 茅tatique s’est illustr茅e impun茅ment au cours des d茅bats sur l鈥櫭﹍argissement de la PMA lors desquels des ministres ont pu se permettre d鈥檃ssumer des propos transphobes et de refuser un amendement qui aurait pu garantir un acc猫s 茅gal 脿 la procr茅ation pour les personnes transmasculines, sans enlever de droit 脿 quiconque.

Dans leurs activit茅s quotidiennes, nos associations constatent des administrations englu茅es dans leurs pratiques transphobes, une 脡ducation Nationale qui rechigne 脿 茅voluer, le manque de formation criant des forces de l’ordre. De timides initiatives 莽a et l脿 promettent des am茅liorations mais le compte n’y est pas. L’脡tat qui devrait prot茅ger chacun路e, en particulier les plus vuln茅rables d’entre nous, exclue et fragilise.

Les m茅dias n’ont jamais autant parl茅 de transidentit茅. L’opinion publique 茅volue doucement mais la crise sanitaire accentue douloureusement les discriminations et les violences touchant les personnes transgenres : 茅poque paradoxale.

Depuis mars, nos associations dont QUAZAR constatent une explosion des appels 脿 l’aide, en particulier chez les mineur路e路s et les personnes isol茅es dans leur parcours. Les facteurs de fragilit茅 茅taient certes d茅j脿 l脿, mais la vivacit茅 de la d茅tresse est frappante.

En ce 20 novembre, face 脿 la r茅alit茅 de la violence quotidienne, nos associations appellent 脿 la solidarit茅 de chacun路e avec les personnes transgenres. Nous restons, aujourd鈥檋ui et demain comme hier, mobilis茅路e路s pour faire 茅voluer la soci茅t茅, les lois et les pouvoirs publics.


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Auteur de l鈥檃rticle聽: Quazar1