Angers – Reconnaissance officielle de la déportation pour cause d’homosexualité

Ce vendredi 22 avril 2022 est une journée doublement historique à Angers et nationalement.

A l’occasion de la cérémonie de la 76e Journée nationale du souvenir des victimes et héros de la déportation, qui s’est tenue ce matin à 10:30 dans la clairière des Fusillés de Belle-Beille à Angers, l’homosexualité pour cause de déportation a été citée par deux fois.

C’est l’aboutissement de plus de 20 ans d’un combat, parfois très âpre, pour faire reconnaître par les associations de déporté·es et d’anciens combattants, l’homosexualité comme motif de déportation. C’est chose doublement faite ce matin dans un climat recueilli, en présence des autorités civiles et militaires et du public.

Etaient présent·es, entre autres, Nicole Dubré-Chirat, députée, Emmanuel Capus, sénateur, Pierre Ory, préfet de Maine-et-Loire, Christophe Béchu, maire d’Angers, Roselyne Bienvenu, vice-présidente d’Angers Loire Métropole, Roch Brancour, vice-président du Conseil régional, le général Jean-Philippe Crach, commandant de la base de défense Angers.

À la suite des porte-drapeaux, des lycéens de Saint-Benoît ont solennellement amené la bannière des déportés ; une tenture de 4m sur 2,5m, créée par Roger Poitevin, actuel président du Comité départemental de la Résistance, de la Déportation et de la Victoire de Maine-et-Loire.

Cette bannière, déjà visible depuis au moins trois ans à Angers, est constituée de rayures grises et bleues verticales, couleurs de l’uniforme des interné·es. Sur ce fond sont représentées les étoiles et triangles portés par les déporté·es dans les camps nazis. Sur cette bannière figure notamment le triangle rose. C’est la première fois que sa présentation était accompagnée d’une explication publique.

Madame Hélène Cabrillac, fille de déporté, a alors lu l’explication de tous ses triangles et étoiles, la signification de leur couleur. Parmi tous insignes, la phrase « le triangle rose, déportés homosexuels » a retenti dans cette clairière angevine du souvenir.

Madame Hélène Cabrillac a ensuite donné lecture du message national des associations de déporté·es et d’anciens combattants. Pour la première fois, ces associations reconnaissent l’orientation sexuelle comme motif de déportation.

On a pu entendre ce matin : « Ce système [génocidaire nazi] fut l’instrument de la destruction d’une grande partie des populations juives et tsiganes d’Europe. Il fut aussi le lieu de détention et de martyre de centaines de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants, déportés pour leur résistance à l’occupant, pour raison politique, du fait de leurs origines, de leur religion, voire de leur orientation sexuelle, ou dans le cadre de rafles de représailles. »

Les dépôts de gerbes se sont ensuite déroulés.

Quazar et le Mémorial de la Déportation Homosexuelle prennent acte avec satisfaction de cette avancée. Il s’agit d’une victoire symbolique et post-mortem pour tou·te·s les LGBT Français déporté·es en raison de leur orientation sexuelle.

Nous pensons avec émotion à Pierre Seel, Jean Le Bitoux et toutes celles et tous ceux qui ont pris part à ce combat pour rétablir une vérité historique et inclure les Triangles Roses et Noirs que portaient les LGBT dans la mémoire nationale.

Quazar et le Mémorial de la Déportation Homosexuelle remercient le Comité départemental de la Résistance, de la Déportation et de la Victoire de Maine-et-Loire pour ses efforts pédagogiques de vérité historique.

Quazar et le Mémorial de la Déportation Homosexuelle remercient la FNDIRP (Fédération Nationale des Internés et Déportés, Résistants et Patriotes), la FMD (Fondation pour la Mémoire de la Déportation), l’UNADIF (Union Nationale des Associations de Déportés, Internés, et Familles de Disparus – FNDIR).

Avec ce geste de reconnaissance, ces associations participent à l’apaisement des mémoires. La FNDIRP, la FMD, l’UNADIF-FNDIR et le Comité départemental de la Résistance, de la Déportation et de la Victoire de Maine-et-Loire contribuent à ce que ces mémoires soient honorées dans leur diversité, dans la sérénité et dans l’unité.

Stéphane Corbin
président et le Conseil d’administration de Quazar

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Auteur de l’article : Quazar1