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8 mars 2022 Angers · Journée de lutte pour les droits des femmes et des minorités de genre

8 mars 2022 Angers- Journée de lutte pour les droits des femmes et des minorités de genre

QUAZAR rejoint la Journée internationale de lutte pour les droits des femmes et des minorités de genre du 8 mars organisée par le Collectif 8 mars Angers.

8 mars 2022 – Angers
15:40 Grève féministe, occupation de la place du Ralliement
            Chorale, projection, prise de parole
18:00 Départ de la manifestation, tête de cortège en non mixité

 

PDF  Tract du Collectif 8 mars Angers

Collectif 8 mars Angers – les autres signataires
Amnesty Angers, ATTAC 49, Cantines Solidaires, Chorale Féministe, Collages Féministes Angers, Collectif Emancipation, Collectif lucioles, CNT 49, FSU 49, Nous Toustes Angers, Planning familial 49, Solidaires 49, Solidarité Femmes 49, UD CGT 49, Youth for Climate 49.

Cette journée commémore les luttes menées pour la conquête de nos droits. Ces luttes concernent bien sûr les femmes et plus largement les personnes sexisées (1). Il nous parait essentiel aujourd’hui de parler de l’ensemble des personnes victimes de sexisme et du patriarcat (2) et de sortir des catégories binaires femmes / hommes qui sont des constructions sociales. Les personnes transgenres (3), non- binaires (4) sont aussi des victimes du sexisme.

Cette journée est l’occasion de rappeler la nécessité de la lutte féministe pour mettre fin à la domination patriarcale dans de nombreux domaines et lieux. La domination patriarcale au travail prend des formes multiples.

Les réformes néolibérales des dernières décennies ont renforcé la précarité des femmes et des minorités de genre (5) : nous représentons 70% des travailleureuses (travailleuses et travailleurs) précaires. Nous subissons les temps partiels, les emplois de courte durée et les écarts de rémunération. Ces inégalités en termes de volume de travail sont le principal facteur pesant sur l’écart de revenu salarial, les femmes percevant en moyenne une rémunération inférieure de 28% à celle des hommes. Cet écart est ramené à 16% en équivalent temps plein. Chaque jour, nous travaillons gratuitement à partir de 15h40.

Le domaine de la santé est également le reflet de nombreuses oppressions :
– Les femmes assument une forte charge mentale dans différents domaines conduisant à un épuisement psychologique. Les soins des proches pèsent toujours plus lourdement sur les femmes, la persistance de stéréotypes de genre conduisant à les associer «naturellement» aux tâches du «care» (6).
– En matière de droits et de santé sexuelle, le droit à l’IVG est remis en question dans de nombreux pays. En France, si ce droit est inscrit dans la Loi, il n’est pas toujours effectif puisque dans certains départements, il est de plus en plus difficile d’y recourir en pratique. La contraception reste un sujet de revendication, et la responsabilité de celle-ci repose quasi exclusivement sur les femmes (encore une charge mentale !). Pour rappel, les femmes sont fertiles environ 3 jours par cycle, les hommes 365 jours par an ! Ces mesures nous infantilisent et nous retirent le droit élémentaire de disposer librement et souverainement de nos corps.
– La recherche médicale doit également sortir d’une approche basée sur un soi-disant masculin neutre et universel, pour tenir compte des spécificités hormonales et physiologiques des femmes lors des essais cliniques.

Cette journée est aussi l’occasion de rappeler les nombreuses violences que subissent les femmes et personnes sexisées LGBTQIA+ (7).
– Rappelons par exemple que les thérapies de conversion ne sont interdites en France que depuis décembre 2021 et que la PMA pour les couples lesbiens n’a été accordée qu’en septembre 2021, sans toutefois prendre en compte la communauté transgenre (refus de la transparentalité) et les revendications pour interdire les mutilations envers les enfants intersexes.
– Les périodes de confinement ont aussi été une source d’angoisse et de violence pour bon nombre de personnes LGBTQIA+, souvent obligées de cohabiter avec un entourage homophobe, lesbophobe, biphobe ou transphobe.
– Au travail, les femmes et minorités de genre subissent également les violences sexistes et sexuelles, sous forme d’agissements sexistes, de harcèlement sexuel, parfois d’agressions sexuelles voire de viols, actes faisant très rarement l’objet de sanctions de la part des employeurs, perpétuant ainsi la culture du viol (8).

Enfin le féminicide (9) est la forme la plus violente de la domination patriarcale, de la masculinité toxique (10), qui peut être exercée. Cela concerne à la fois les meurtres commis dans le cadre conjugal, et ceux commis sur les TDS (11) (travailleureuses du sexe) et les femmes transgenres, qui proportionnellement, sont encore plus confronté.es à ce risque. En 2021, 113 féminicides conjugaux ont été recensés. Cette année nous souhaitons établir des décomptes recensant l’ensemble des féminicides ; mais ce travail repose sur des associations qui disposent de peu de moyens, l’État ne s’investissant pas sur ces questions. Cela est pourtant possible : en Espagne, l’État procède déjà à un comptage par typologie spécifique (conjugaux, lesbophobes, infantiles, etc.).
L’année 2021 a été la plus meurtrière pour la communauté transgenre, avec au moins 375 personnes tuées dans le Monde, dont une grande majorité, 96%, était des femmes.

Certaines femmes ou minorités de genre subissent en effet simultanément plusieurs formes de domination et de discrimination : celles liées à leur genre se cumulent avec celles liées à leur classe sociale, leur race sociale, leur religion, leur orientation sexuelle, leur handicap, leur apparence physique, c’est ce qu’on appelle l’intersectionnalité (12) ou l’approche intersectionnelle. Cela permet de rendre visible la multiplication des obstacles auxquels sont confronté.es certain.es d’entre nous.

L’État n’est pas à la hauteur et la proclamation de l’égalité femmes – hommes comme grande cause du quinquennat. Macron n’a été qu’un écran de fumée pour masquer la perpétuation de la domination patriarcale. Macron a-t-il nommé des femmes au poste de Premier ministre ou aux ministères clefs, comme il disait le souhaiter ? Non ! Le gouvernement préfère mettre son énergie dans la lutte contre le soi-disant wokisme !

La montée du fascisme et la droitisation du champ politique menacent nos droits et notre sécurité. La lutte féministe passe par la lutte contre toutes les violences de l’extrême-droite, du racisme, du patriarcat et du capitalisme. En cette année d’élection présidentielle, la condition des femmes et des personnes sexisées est quasiment inexistante dans le débat public. Nous représentons plus de la moitié de la population et nous sommes encore oublié·es.

Où qu’ielles aillent, les femmes et minorités de genre subissent le sexisme, la violence, la domination : dans l’espace public, dans la sphère privée, dans les domaines du travail et de la santé : violences conjugales, économiques, gynécologiques, obstétricales, psychologiques, le harcèlement de rue constituent notre quotidien.

Nous dénonçons les violences sexistes sous toutes leurs formes et nous avons décidé de dire stop.

LA LUTTE DOIT CONTINUER !

Nous le savons : « Si on s’arrête, le monde s’arrête. »
Dès lors nous appelons l’ensemble des personnes sexisées à se mettre en grève sous différentes formes : grève du travail rémunéré, grève de la consommation, grève des tâches domestiques, grève des études, grève des soins apportés aux autres, etc. et à la place, à nous rejoindre pour des moments de solidarité, d’adelphité (13) et de luttes !

Nos revendications sont donc les suivantes :

• Exiger les moyens demandés par les associations qui luttent contre les violences sexistes et sexuelles
• Développer la recherche et la commercialisation de la contraception masculine
• Accès égalitaire à l’IVG sur l’ensemble du territoire.
• Exiger l’égalité salariale et professionnelle
• Revaloriser les métiers féminisés
• Développer une éducation féministe égalitaire qui lutte enfin contre les stéréotypes et les violences
• Exiger que la police fasse son travail et prenne nos plaintes sans jugements.

Nous vous donnons rendez-vous le samedi 5 mars, place du Ralliement pour un village féministe, ainsi que le 8 mars à partir de 15h40 pour une grève féministe, avec une occupation de la place du Ralliement (chorale, projection, prise de parole). La manifestation partira à 18h. La lutte se poursuivra le samedi 2 avril dans le cadre de la campagne antiraciste et solidarité, dans un cortège féministe.

PDF  Ce communiqué de presse

8 mars 2022 Angers- Journée de lutte pour les droits des femmes et des minorités de genre
(1) Personnes sexisées : personnes concernées par le sexisme, donc par la domination des hommes cisgenre hétéro (équivalent à personnes racisées = personnes qui subissent la discrimination raciste) cisgenre : Les personnes cis ou cisgenres sont les personnes qui ne sont pas trans.

(2) Patriarcat : « Manifestation et institution de la domination masculine sur les femmes et les enfants dans la famille et l’extension de cette dominance sur les femmes dans la société en général. » (Gerda Lerner)

(3) Transidentité : est le fait, pour une personne transgenre, d’avoir une identité de genre différente du genre assigné à la naissance contrairement à une personne cisgenre. Cela concerne aussi les personnes qui ne se reconnaissent pas dans la binarité des genres hommes/ femmes.

(4) Non-binaire : qui ne s’inscrit pas dans la norme binaire, qui n’est ni exclusivement un homme, ni exclusivement une femme. Ses pronoms (il, elle, iel) sont à sa décision. Ne pas respecter ces choix s’appelle mégenrer une personne.

(5) Minorité de genre : groupe social dont les genres des personnes qui le composent sont minoritaires dans la société et qui subissent donc des oppressions systémiques.

(6) Care : ensemble des tâches de soin traditionnellement associées aux femmes. « Le travail du care, c’est une salarisation de ce qu’on pourrait appeler le travail domestique, reproductif, et ça aide à maintenir l’institution de l’hétérosexualité », développe Kawtar.

(7) LGBTQIA+ : signe pour désigner les personnes : lesbienne, gay, bisexuelle, transgenre, queer, intersexe, asexuelle ou pansexuelle, ainsi que toutes les personnes sortant des normes cisgenres et/ou hétérosexuelles.

(8) Culture du viol : « Ensemble de comportements qui banalisent ou qui encouragent les agressions sexuelles : on rend la victime responsable de l’agression (tenue vestimentaire, consommation d’alcool), on met en doute sa parole, on encourage les jeunes garçons à insister pour avoir des relations sexuelles et on juge négativement les femmes qui en ont (slut-shaming) », d’après l’ouvrage Corps Accord.

(9) Féminicide : Il s’agit du meurtre de femmes ou de jeunes filles lié au fait qu’elles sont des femmes. Le caractère genré du motif doit être présent.

(10) Masculinité toxique : adhérence aux rôles de genre masculins traditionnels, ce qui inclut la pression sociale incitant les hommes à lutter pour être dominants (modèle du « mâle alpha »), et la restriction des types d’émotions qu’il est acceptable d’exprimer, pour les garçons et les hommes, à l’agressivité et à la colère principalement.

(11) TDS : Travail Du Sexe, expression qui englobe différents métiers autour du sexe en plus de la prostitution : massages érotiques, camgirls/camboys, striptease, accompagnement sexuel, ou actrices et acteurs pornographiques.

(12) Intersectionnalité : terme proposé par l’universitaire afroféministe américaine Kimberlé Williams Crenshaw en 1989. C’est l’intersection entre plusieurs formes de domination, comme le racisme, le sexisme, l’homophobie, le classisme, l’âgisme et le capacitisme (ou validisme), entre autres.

(13) Adelphité : du grec, adelph-, l’adelphité évoque le lien de parenté entre des enfants né·e·s de même parent·e·s. L’adelphité inclut à la fois la fraternité et la sororité, et n’émet donc aucune distinction de genre.

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